Siegessäule Berlin : colonne de la Victoire

La Siegessäule vue depuis le Großer Stern, colonne de grès surmontée de la Viktoria dorée
Photo : Paul Korecky, licence CC BY-SA 2.0 (Wikimedia Commons)

Au milieu du Großer Stern, le grand rond-point du Tiergarten, la Siegessäule dresse ses 67 mètres au-dessus de la circulation. Surnommée « Goldelse » par les Berlinois, la colonne de la Victoire se visite : on gravit 285 marches pour atteindre la plateforme panoramique, perchée à 50,66 mètres, et l’on découvre en chemin le petit musée et la mosaïque dorée de son socle. Voici la fiche pratique du monument, son histoire datée et tout ce qu’il faut savoir avant de monter.

Une colonne née des guerres d’unification (1864-1873)

Élevée entre 1864 et 1873 sur les plans de l’architecte Heinrich Strack, la Siegessäule commémore les trois victoires prussiennes qui ont conduit à la fondation de l’Empire allemand : contre le Danemark en 1864 (Düppel), contre l’Autriche en 1866 (Königgrätz) et contre la France en 1870-1871 (Sedan). Ses tambours de grès portaient soixante canons dorés pris à l’ennemi, dont les gueules sortent encore des cannelures. Quatre reliefs de bronze illustrent les batailles et l’entrée des troupes à Berlin, signés par Alexander Calandrelli, Moritz Schulz, Karl Keil et Albert Wolff.

Dans la salle circulaire du socle, la grande mosaïque, réalisée en 1876 par la maison vénitienne Salviati d’après un carton d’Anton von Werner, figure la fondation du Reich sur un fond d’or où volent des aigles.

Déplacée et rehaussée sous le Troisième Reich (1938-1939)

Jusqu’en 1938, la colonne se dressait sur le Königsplatz, devant le Reichstag. Elle a été démontée puis déplacée d’environ 1,6 kilomètre vers l’ouest pour servir le projet nazi de « capitale du Reich Germania », un quatrième tambour ajouté lui donnant sa hauteur actuelle de 67 mètres. Elle traverse la Seconde Guerre mondiale sans dommage majeur, puis est rénovée entre mars 2010 et mai 2011 : la Viktoria est alors redorée à la feuille d’or et la plateforme rouverte le 21 mai 2011.

La Goldelse, une Viktoria dorée au sommet

Au sommet se dresse une figure féminine dorée de 8,32 mètres de haut et de 35 tonnes, coulée en bronze par le fondeur berlinois Hermann Gladenbeck d’après un modèle de Friedrich Drake. Cette Viktoria, équivalent de la Niké grecque, brandit une couronne de lauriers et tient un étendard à croix de fer ; un aigle orne son casque, ce qui la fait aussi passer pour Borussia, l’allégorie de la Prusse. Les Berlinois l’appellent « Goldelse », du nom d’un roman populaire d’E. Marlitt paru en 1866. Depuis le déplacement de 1939, elle regarde vers l’ouest, en direction de l’Ernst-Reuter-Platz.

Visiter l’intérieur : musée et montée des 285 marches

L’entrée se fait par le côté sud du socle. On y trouve un petit musée qui retrace l’histoire mouvementée du monument, puis une étroite vis en spirale. La montée compte 285 marches, parfois raides et resserrées, jusqu’à la plateforme installée juste sous les pieds de la Goldelse. Le panorama récompense l’effort : le Tiergarten à perte de vue, la colonne posée à l’intersection de quatre avenues, la Straße des 17. Juni qui file vers l’ouest, et, dans l’axe, le Reichstag et la porte de Brandebourg.

Horaires, tarif et accès à la plateforme

Selon le portail officiel berlin.de (fiche mise à jour le 6 août 2026), la plateforme est ouverte en été de 9 h 30 à 19 h et en hiver de 9 h 30 à 17 h 30 ; elle est fermée le 24 décembre. Le site touristique visitBerlin précise une ouverture du lundi au vendredi de 9 h 30 à 18 h 30 et jusqu’à 19 h le week-end. Le tarif est de 4,50 € par personne et de 3,50 € en tarif réduit, payable uniquement en espèces : prévoyez des pièces ou un billet. La visite n’est pas adaptée aux personnes à mobilité réduite, faute d’ascenseur et de toilettes sur place.

Comment accéder à la colonne

Le monument se situe au Großer Stern 1, 10557 Berlin, au centre d’un grand rond-point. On ne traverse jamais la chaussée à pied : deux tunnels piétonniers en forme de T passent sous les voies et débouchent au pied du socle, encadrés par quatre maisons de garde néoclassiques. Les lignes de bus 100, 106, 187 et N26 s’arrêtent à Großer Stern ; la gare S-Bahn Bellevue est à moins de dix minutes de marche.

Quand venir

Le meilleur moment reste le début de matinée, quand la lumière rasante éclaire la colonne et que l’attente demeure courte ; en fin de journée, le coucher de soleil sur le Tiergarten vaut aussi le détour. L’été, la plateforme ferme deux heures plus tard, mais la vis étroite garde la chaleur : mieux vaut monter tôt. L’hiver, l’accès s’arrête à 17 h 30, avec en échange des vues plus dégagées sur les arbres nus du parc.

Une promenade autour de la colonne

La Siegessäule est une étape naturelle entre la porte de Brandebourg et l’ouest de la ville. Depuis la porte, comptez une vingtaine de minutes de marche par la Straße des 17. Juni pour rejoindre le Großer Stern, au cœur du Tiergarten, le grand parc de Berlin. En chemin, on longe le château de Bellevue, résidence du président fédéral, sur la gauche.

À l’est, le Reichstag et la porte de Brandebourg se repèrent depuis la plateforme : de quoi combiner les trois monuments dans une même journée, comme le suggère notre guide du quartier Mitte. La colonne est aussi un décor de cinéma, immortalisée par Wim Wenders dans Les Ailes du désir ; notre dossier sur les films tournés à Berlin en recense d’autres.

Entre le passé prussien gravé dans le bronze, la mosaïque dorée du socle et le panorama sur le Tiergarten, la Siegessäule offre l’une des visites les plus complètes de Berlin. Montez tôt, emportez de quoi payer en espèces, et laissez la Goldelse faire le reste.

Pour continuer

À lire aussi

Tous les guides Monuments →