Trésors cachés de Berlin : 7 lieux insolites à découvrir
Berlin se découvre d’abord par ses grands repères, de la porte de Brandebourg à la colonne de la Victoire. La ville réserve pourtant une seconde couche de lieux, plus discrets, où l’on croise surtout des habitants. Cours intérieures, parcs perchés, halle de marché et colline de gravats : voici 7 étapes à voir en marge des circuits classiques.
Les Hackesche Höfe, 8 cours à Berlin-Mitte
À deux pas de la Hackescher Markt, dans la Spandauer Vorstadt, les Hackesche Höfe alignent 8 cours reliées entre elles. L’ensemble a été construit de 1905 à 1907, à l’époque où ce quartier, autour de la nouvelle synagogue d’Oranienburger Straße, formait le cœur de la vie juive berlinoise. La première cour, dessinée par l’architecte August Endell, mêle briques, céramiques et lignes de l’Art nouveau. Le complexe est classé monument historique depuis 1977.
On y entre par la Rosenthaler Straße ou par la Hackescher Markt, sans billet. Boutiques, ateliers et restaurants occupent les anciens locaux artisanaux et les salles de spectacle. Notre guide du quartier de Mitte situe les Hackesche Höfe dans cette partie du centre.
Le Mauerpark et le marché aux puces
Le Mauerpark occupe l’ancien no man’s land le long de la Schwedter Straße, entre Prenzlauer Berg et Wedding. Le parc suit le tracé du mur de Berlin, dont il conserve un tronçon dans la végétation. Le dimanche, son marché aux puces remplit le bord du parc, et l’amphithéâtre accueille en été le karaoké en plein air de Joe Hatchiban, le « Bearpit Karaoké ».
Le lieu se prête à une promenade tranquille en semaine et à une sortie animée le week-end. Notre page consacrée au Mauerpark détaille son histoire, ses accès et le calendrier du marché.
L’Oberbaumbrücke, entre Friedrichshain et Kreuzberg
Construit de 1894 à 1896 par l’architecte Otto Stahn, l’Oberbaumbrücke franchit la Spree en reliant Friedrichshain à Kreuzberg. Ses tours de brique et son tablier à deux niveaux, où passe la ligne U1 du métro, en font l’un des ponts les plus reconnaissables de la ville. Au milieu de l’eau, les silhouettes métalliques de Molecule Man, de l’artiste Jonathan Borofsky, rappellent la réunification des deux rives.
Les deux quartiers gardent des caractères distincts : Friedrichshain concentre les clubs, Kreuzberg les ateliers et les cafés. À proximité, l’East Side Gallery aligne ses fresques sur un reste du mur, et le Berghain se trouve à quelques centaines de mètres. Notre page Oberbaumbrücke reprend l’histoire du pont.
Le Viktoriapark et le monument de Schinkel
Le Viktoriapark s’étend sur le Kreuzberg, une colline de 66 mètres qui domine la partie sud du centre. Le lieu doit son existence à un monument plus ancien que lui : le Nationaldenkmal für die Befreiungskriege, dessiné par Karl Friedrich Schinkel et inauguré le 30 mars 1821 en mémoire des guerres de libération contre Napoléon. La colonne de fonte, couronnée d’une croix de fer, se dresse au sommet et donne son nom au quartier.
Le parc, ouvert en 1894 sur 12,8 hectares, abrite aussi une cascade artificielle de 24 mètres, construite en 1888 et inspirée des chutes du Riesengebirge. Depuis la plateforme du monument, la vue porte loin sur les toits de Berlin, et le lieu reste bien plus calme que le parvis de la tour de télévision. Le quartier de Kreuzberg entoure cet espace vert.
La Markthalle Neun, une halle de 1891 à Kreuzberg
Entre 1886 et 1892, la Ville de Berlin a fait construire 14 halles de marché couvertes pour remplacer les marchés en plein air. Il en subsiste 3 entières : la Arminiushalle à Moabit, la Marheinekehalle et la Markthalle Neun à Kreuzberg. Cette dernière a ouvert en 1891 sur les plans de l’architecte Hermann Blankenstein, au 42 de la Eisenbahnstraße. Menacée de vente et de transformation en supermarché dans les années 2000, elle doit son salut à une mobilisation de quartier et a rouvert en 2011.
Aujourd’hui, on y fait son marché presque tous les jours, et le jeudi soir le Street Food Thursday rassemble des cuisiniers sans restaurant. Notre guide de la Markthalle Neun donne les horaires, les commerces et les accès.
Le Teufelsberg, la colline de gravats
À l’ouest de la ville, dans la forêt du Grunewald, le Teufelsberg culmine à 120 mètres. Cette colline est artificielle : elle a été formée après 1945 avec les décombres des immeubles bombardés de Berlin, déversés pendant plus de 20 ans. À son sommet, les Américains ont installé une station d’écoute pendant la guerre froide, réputée liée au réseau Echelon. Les dômes radar et les bâtiments abandonnés servent aujourd’hui de support à l’une des plus grandes galeries de street art d’Europe.
Le site se trouve à bonne distance des transports, et l’entrée est payante. Notre dossier sur le mystère du Teufelsberg détaille l’accès, les tarifs et l’histoire de la station.
Les souterrains avec Berliner Unterwelten
Sous les rues de Berlin subsistent des abris anti-aériens, des bunkers de quartier et des tunnels creusés après 1961 pour faire passer des proches à l’Ouest. Depuis 1997, l’association Berliner Unterwelten explore et remet en état ces ouvrages, et propose des visites guidées, souvent en allemand et en anglais. Les parcours partent du centre de visiteurs de la Brunnenstraße, près de la station de métro Gesundbrunnen.
La visite la plus demandée descend dans un abri de la Seconde Guerre mondiale sur un quai de la ligne U8. D’autres mènent à la tour anti-aérienne du Humboldthain ou à un tunnel d’évasion conservé. Notre guide des souterrains de Berlin récapitule les visites, les langues et les tarifs.
Ces 7 étapes se combinent facilement avec les incontournables de Berlin pour varier les journées.
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