Gastronomie berlinoise : spécialités et bonnes adresses
Berlin a longtemps rimé avec une assiette copieuse et des sauces brunes. La capitale a changé d’échelle : une même journée peut commencer par un Hackepeterbrötchen à un comptoir, se poursuivre par un Eisbein chez un vieux Wirtshaus de Kreuzberg et se terminer dans une table trois étoiles. Voici ce qu’il faut goûter, et où le trouver.
Entrées et spécialités froides
Le Hackepeter, appelé Mett dans le reste de l’Allemagne, est du porc cru haché, relevé de sel, de poivre et d’oignon, servi sur un petit pain beurré. Ce n’est pas un hachis Parmentier : rien n’est cuit. On le mange au petit-déjeuner ou au goûter.
Les harengs marinés (Bismarckhering, Rollmops) ouvrent volontiers les repas, avec une sauce à l’aneth, de la crème et des oignons. Autre classique du nord du pays que Berlin sert encore : l’Aal grün, une anguille pochée nappée d’une sauce verte aux herbes fraîches, accompagnée de pommes de terre.
Plats traditionnels
- Eisbein mit Erbspüree und Sauerkraut : jarret de porc bouilli ou rôti, purée de pois cassés à la crème et choucroute. Le plat le plus emblématique de la ville.
- Bulette : la boulette de viande berlinoise, liée à la mie de pain trempée, servie chaude avec une salade de pommes de terre ou froide dans un petit pain.
- Königsberger Klopse : boulettes de veau pochées dans une sauce blanche aux câpres, avec des pommes de terre.
- Leber Berliner Art : foie de veau poêlé, pommes, oignons et purée de pommes de terre.
- Kasseler Rippenspeer : côte de porc fumée et salée, servie avec choucroute et purée de pois.
- Schlachtplatte : assortiment de boudin noir, saucisse de foie et viandes de porc, pour les gros appétits.
- Rinderbrust auf Berliner Art : poitrine de bœuf braisée aux légumes racines.
- Pellkartoffeln mit Quark : pommes de terre en robe des champs, fromage blanc aux herbes et huile de lin. Simple, végétarien et bon marché.
Desserts et pâtisseries
- Berliner Pfannkuchen : le beignet fourré à la confiture, saupoudré de sucre. Attention au vocabulaire, car à Berlin le Pfannkuchen désigne ce beignet, tandis que la crêpe s’appelle Eierkuchen.
- Käsekuchen : le gâteau au fromage blanc, sur pâte brisée.
- Eberswalder Spritzkuchen : beignet en couronne, frit puis glacé, dégusté surtout pendant le carnaval.
- Rote Grütze : compote de fruits rouges servie avec de la crème ou une boule de glace à la vanille.
Marché et street food
La currywurst (saucisse coupée en rondelles, sauce tomate épicée, poudre de curry) et le döner kebab se vendent à chaque coin de rue pour environ 4 à 7 euros. Le rendez-vous des gourmands reste la Markthalle Neun, Eisenbahnstraße 42/43 à Kreuzberg : le « Street Food Thursday » y rassemble des cuisines du monde chaque jeudi de 17 à 22 heures, et le grand marché se tient le samedi. À Neukölln, le marché du Maybachufer, dit Türkenmarkt, occupe les quais les mardis et vendredis de 11 à 18h30, avec produits turcs, fruits et tissus. Notre guide de la currywurst détaille l’autre icône de la rue berlinoise.
Où manger la cuisine berlinoise
- Henne (Leuschnerdamm 25, Kreuzberg) : vieux bistrot réputé pour son poulet rôti et sa bière pression, fermé le lundi. €€.
- Zur letzten Instanz (Waisenstraße 14-16, Mitte) : ouvert depuis 1621, le plus vieux restaurant de Berlin ; Königsberger Klopse et Eisbeinsülze à la carte, fermé le dimanche. €€.
- Zum Schusterjungen (Danziger Straße 9, Prenzlauer Berg) : cantine berlinoise à prix doux, ouverte tous les jours de midi à minuit. €.
- Schwarzwaldstuben (Tucholskystraße 48, Mitte) : Flammkuchen, Maultaschen et décor de taverne, fermé le lundi. €€.
- Die Ständige Vertretung (Schiffbauerdamm 8, Mitte) : brasserie rhénane sur les quais de la Spree, Kölsch et cuisine de Cologne, ouverte tous les jours. €€.
- Oxymoron (Rosenthaler Straße 40/41, Mitte) : dans les Hackesche Höfe, cuisine européenne contemporaine sous un décor chargé, du lundi au samedi. €€.
Les autres adresses de cuisine régionale sont recensées dans notre guide des spécialités berlinoises.
La scène étoilée en 2026
Berlin compte 19 restaurants étoilés au Guide Michelin 2026, contre 22 en 2025. Le Rutz (Chausseestraße 8, Mitte) conserve les trois seules étoiles de la capitale, avec un menu de 12 ou 13 services à 340 ou 360 euros. Quatre tables portent deux étoiles : Facil (Potsdamer Straße 3, Mitte, dans l’hôtel Mandala), Horváth, Tim Raue (tous deux à Kreuzberg) et CODA Dessert Dining. Berlin n’a obtenu aucune nouvelle étoile cette année, et deux maisons, Bieberbau et Skykitchen, ont perdu la leur.
Des adresses qui ont disparu
Plusieurs établissements cités par les guides anciens n’existent plus. L’Oderquelle (Oderberger Straße 27, Prenzlauer Berg) a fermé le 25 janvier 2026 après 36 ans. Le Hartmanns (Kreuzberg), étoilé, a baissé le rideau au milieu des années 2010. L’Uma, à l’hôtel Adlon, n’a pas survécu, et le Kartoffelkeller (Albrechtstraße 14b, Mitte) est définitivement fermé. Le statut du Fellas (Stargarder Straße 3, Prenzlauer Berg) reste flou : donné fermé par certains annuaires et ouvert par d’autres, il vaut mieux vérifier avant de vous déplacer.
Brunch, cafés et bière
Le brunch est une institution berlinoise : le week-end, les cafés de Kreuzberg, Neukölln et Prenzlauer Berg servent jusqu’au milieu de l’après-midi. Plus tard, on cultive le Kaffee und Kuchen, la pause café et gâteau. Côté bière, la Berliner Weiße est une blanche aigrelette titrant environ 3 % d’alcool, que l’on adoucit d’un trait de sirop de framboise ou d’aspérule, le « mit Schuss ». Les brasseries de quartier et les Biergärten, au bord de la Spree ou des lacs, complètent le tableau. Nos meilleures adresses de brunch prolongent la journée.
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