Bunker d'Adolf Hitler à Berlin : le site du Führerbunker aujourd'hui

Le panneau d'information « Mythos und Geschichtszeugnis Führerbunker » à la Gertrud-Kolmar-Straße, seul repère visible du site de l'ancien bunker
Photo : OTFW, licence CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Le bunker d’Adolf Hitler à Berlin n’est pas un lieu que l’on visite. Les restes du Führerbunker reposent sous un terrain ordinaire, à l’angle de la Gertrud-Kolmar-Straße et de l’In den Ministergärten, à quelques minutes à pied de la Potsdamer Platz. Voici ce que l’on y voit, pourquoi la visite est impossible et quels lieux racontent la période.

Ce qu’il reste du bunker aujourd’hui

Le terrain ressemble à un espace vert de quartier : une pelouse, des arbres, des voitures entre des immeubles construits à la fin des années 1980. Au milieu se dresse un panneau bleu, « Mythos und Geschichtszeugnis Führerbunker » : posé par l’association Berliner Unterwelten, il rassemble des photographies d’époque et un plan des deux bunkers. Pendant la guerre froide, l’endroit se trouvait dans la bande frontalière du mur de Berlin, dont un tronçon subsiste à la Niederkirchnerstraße.

Un abri construit sous les jardins de la chancellerie

En 1935 et 1936, une salle de réception pour les diplomates de l’ancienne chancellerie du Reich s’accompagne d’un premier abri anti-aérien, au plafond de béton de 1,60 mètre. En janvier 1943, la maîtrise du ciel étant perdue, un second ouvrage plus profond est édifié dans le jardin. Achevé à l’automne 1944, c’est le Führerbunker. Adolf Hitler y passe les dernières semaines de la guerre et s’y donne la mort le 30 avril 1945. Ce bunker n’était qu’un abri parmi beaucoup d’autres dans le quartier gouvernemental.

Pourquoi le site n’est pas visitable

Le bunker est détruit à l’explosif en décembre 1947, puis les constructions de surface sont rasées. À la fin des années 1980, des soldats du génie de l’armée est-allemande dégagent l’ouvrage et le remblaient. Il ne subsiste que des fragments de dalles et de murs sous la terre. Berliner Unterwelten le formule sans détour : la visite est absolument impossible, et aucune visite guidée n’y descend. Le site n’a ni musée ni accès souterrain, seulement un panneau pour mémoire.

Topographie des Terrors, sur le terrain de la Gestapo

La Niederkirchnerstraße abritait de 1933 à 1945 la direction de la SS, le siège de la Gestapo avec sa prison et l’Office central de la sécurité du Reich. Démolis jusqu’au milieu des années 1950, ces bâtiments ont laissé place au centre de documentation Topographie des Terrors, ouvert en 1987 et installé depuis 2010 dans un bâtiment neuf. Entrée libre, tous les jours de 10 h à 20 h : l’exposition permanente consacrée à la Gestapo et à la SS, et, le long de la rue, l’exposition en plein air « Berlin 1933-1945. Zwischen Propaganda und Terror », sur panneaux de verre au-dessus des caves exhumées.

Le mémorial aux Juifs d’Europe assassinés

À quelques minutes à pied, au 1 de la Cora-Berliner-Straße, le mémorial aux Juifs d’Europe assassinés a été inauguré le 10 mai 2005, dans les anciens jardins des ministères. Le champ de stèles dessiné par Peter Eisenman compte 2 710 blocs de béton, hauts de quelques centimètres à 4,70 mètres, en accès libre 24 heures sur 24. Le centre d’information souterrain, gratuit, ouvre du mardi au dimanche de 10 h à 18 h et ferme le lundi, comme le rappelle la Fondation du mémorial.

Berlin Story Bunker, le bunker que l’on peut visiter

Pour descendre dans un abri authentique, direction l’Anhalter Bahnhof : le Berlin Story Bunker occupe un abri anti-aérien de 1942, au 23A de la Schöneberger Straße. Sa documentation « Hitler, comment cela a-t-il pu arriver ? » se termine par un centre consacré au Führerbunker : une maquette du bunker principal au 1/25 et la reconstitution critique d’une de ses salles. Ouvert tous les jours de 10 h à 19 h, dernière entrée à 17 h 30 ; billet 18 euros, tarif réduit 12 euros, audioguide en français compris (berlinstory.de).

Les visites guidées de Berliner Unterwelten

L’association Berliner Unterwelten ouvre une dizaine de souterrains, dont des abris de la Seconde Guerre mondiale. Ses visites partent de différents points de la ville ; les billets s’achètent uniquement en ligne, jusqu’à 30 jours à l’avance, et ne sont pas vendus au point de rendez-vous (berliner-unterwelten.de). La librairie du 105 Brunnenstraße ouvre tous les jours de 10 h à 15 h 30. Les visites ne sont ni accessibles en fauteuil roulant ni ouvertes aux enfants de moins de 7 ans.

La Wilhelmstraße et l’ancien quartier gouvernemental

À une dizaine de minutes de marche, la Wilhelmstraße était le centre du pouvoir berlinois depuis Bismarck ; elle rejoint l’Unter den Linden à hauteur du vieux Berlin. Le ministère de l’Aviation du Reich, bâti à partir de 1935 sur les plans d’Ernst Sagebiel, abrite aujourd’hui le ministère fédéral des Finances, le Detlev-Rohwedder-Haus. À l’angle de la rue, une silhouette d’acier de 17 mètres rappelle Georg Elser, auteur de l’attentat manqué de 1939. La chancellerie du Reich occupait les parcelles voisines, dont la collection en ligne du Stadtmuseum Berlin conserve les photographies des ruines.

Conseils pratiques

  • Y aller : S-Bahn et métro à la station Potsdamer Platz, puis cinq minutes à pied. Bunker, mémorial, Topographie des Terrors et Wilhelmstraße sont à moins d’un quart d’heure de marche les uns des autres.
  • Budget : le mémorial et la Topographie des Terrors sont gratuits ; le Berlin Story Bunker est payant ; les visites de Berliner Unterwelten se réservent uniquement en ligne.
  • À savoir : le terrain du bunker est un espace public ordinaire ; restez discret et vérifiez les horaires avant de venir.

Le bunker d’Adolf Hitler à Berlin n’a plus rien à montrer. Il reste un panneau, une pelouse et un remblai sous les voitures, mais c’est le quartier tout entier qui documente la période.

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