Restaurants de rêve à Berlin : les tables étoilées

Le chef Tim Raue dans la salle de son restaurant, à Berlin
Photo : City Foodsters, licence CC BY 2.0 (Wikimedia Commons)

Berlin n’est plus seulement la ville du currywurst et du kebab de minuit. Le millésime 2026 du Guide Michelin y recense dix-neuf restaurants étoilés, soit vingt-cinq étoiles : un trois-étoiles, quatre deux-étoiles et quatorze une-étoile. Salles sobres, cartes courtes, produits du Brandebourg : la capitale a construit sa haute cuisine loin des codes français. Voici les maisons qui comptent, ce qu’elles coûtent et comment obtenir une table.

Une scène gastronomique qui a changé de dimension

La sélection allemande du guide réunit 339 restaurants étoilés : 12 trois-étoiles, 48 deux-étoiles et 279 une-étoile. Berlin y aligne dix-neuf adresses. La scène locale a ses habitudes : un service sans cérémonie, des cartes courtes qui changent avec les saisons, et une prédilection pour les produits du Brandebourg ou de la Baltique. Le décor n’y fait pas l’étoile, l’assiette si.

Les tables étoilées de Berlin en 2026

Rutz, trois étoiles. Au 8 Chausseestraße, dans Mitte, Marco Müller tient la seule trois-étoiles de la ville, distinction obtenue en 2020. Son menu Inspiration se décline en douze ou treize services, affichés à 340 et 360 euros sur le site du restaurant ; le supplément caviar coûte 59 euros et l’accord de vins, en sept à neuf verres, entre 179 et 231 euros.

Tim Raue, deux étoiles. Près de Checkpoint Charlie, au 26 Rudi-Dutschke-Straße, la maison propose deux menus, Kolibri x Berlin et Koi, à 292 euros chacun. Vendredi et samedi, l’Early Kolibri se sert en cinq services dès 17 heures. Ouverture du mardi au jeudi de 18 heures à minuit, vendredi et samedi dès 17 heures ; la carte des vins dépasse mille références.

FACIL, deux étoiles. Au cinquième étage de l’hôtel The Mandala, au 3 Potsdamer Straße, la verrière et la terrasse sous les marronniers dominent Potsdamer Platz. Michael Kempf dirige les cuisines, Joachim Gerner est aux fourneaux, et la maison tient deux étoiles sans interruption depuis 2013. Menu de cinq à huit services, servi aussi à midi ; du lundi au vendredi, fermeture le week-end.

Horváth, deux étoiles. Sur le Landwehrkanal, au 44a Paul-Lincke-Ufer, à Kreuzberg, Sebastian Frank fait du légume le centre du repas, jusqu’à sa signature « céleri mûr et jeune », servie en service supplémentaire. Le menu se décline en quatre ou sept services, la carte des vins est consacrée à l’Europe centrale et à l’Autriche, et la salle n’a qu’une plage horaire : du mercredi au samedi, de 18 h 30 à 20 heures.

CODA, deux étoiles. Friedelstraße 47, à Neukölln : René Frank compose treize à quinze services qui ne séparent plus le salé du sucré, sans sucre raffiné, avec les techniques de la pâtisserie. Chaque plat important est accompagné d’une boisson choisie. Comptez à partir de 264 euros du mercredi au vendredi et à partir de 294 euros le samedi et les veilles ou jours de fête ; ouverture du mercredi au samedi à 19 heures, selon le site du restaurant.

Les quatorze tables une étoile

Quatorze autres adresses portent une étoile : Bandol sur mer, Bonvivant, Bricole, Cookies Cream, GOLVET, hallmann & klee, Hugos, Irma la Douce, Lorenz Adlon Esszimmer, Loumi, Matthias, Nobelhart & Schmutzig, pars Restaurant et tulus lotrek. Parmi elles, Nobelhart & Schmutzig pousse loin la logique régionale : au 218 Friedrichstraße, six ou huit services construits sur des produits de la région, servis à partir de 18 heures du mardi au samedi. Les prix dépendent du jour, de 120 à 140 euros en six services et de 200 à 215 euros en huit, eau filtrée comprise.

Ce que coûte un repas

Comptez 292 euros chez Tim Raue, 340 à 360 chez Rutz, 264 au minimum chez CODA, 120 à 215 chez Nobelhart & Schmutzig. Les accords de boissons pèsent vite autant que le menu, de 168 à 328 euros chez Tim Raue, de 179 à 231 euros chez Rutz, avec des versions sans alcool dès 68 euros. Les suppléments de signature, 48 euros par plat chez Tim Raue, 59 euros pour le caviar chez Rutz, s’ajoutent à la note. Prix affichés TVA comprise.

Réserver

Le Guide Michelin publie les jours et les horaires de chaque adresse et renvoie au site de la maison, où se fait la réservation. Les rythmes surprennent : Horváth ne sert que du mercredi au samedi entre 18 h 30 et 20 heures, CODA ouvre à 19 heures, FACIL ferme le week-end, Nobelhart & Schmutzig démarre à 18 heures. Mieux vaut vérifier avant de fixer sa date, et signaler ses allergies : chez Tim Raue, la cuisine ne peut en tenir compte que partiellement.

Deux expériences à part

Au sommet de la tour de télévision, à 207 mètres, le restaurant tournant Sphere Tim Raue fait un tour complet en une demi-heure et sert une carte régionale Berlin-Brandebourg ; l’accès passe par un billet de la tour. Au château de Charlottenburg, le Berliner Residenz Orchester donne des concerts baroques en costumes dans la Grande Orangerie, avec un dîner en trois services proposé selon les programmes.

Manger bien sans se ruiner

Berlin garde une scène abordable. Le guide y distingue neuf Bib Gourmand, ses adresses à prix mesurés. Au bord du Landwehrkanal, le restaurant-bateau Van Loon, amarré à l’Urbanhafen, sert une soupe de poisson à 16,50 euros, des filets de matjes à 16,90 euros ou une assiette de poisson fumé à 24,90 euros, avec un brunch les samedi et dimanche ; il ferme le lundi et le mardi. Les étals de la Markthalle Neun et notre guide du manger pas cher prennent le relais.

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