Bars à vin de Berlin : six adresses de quartier

Une bouteille de riesling du Rheingau et un verre de vin blanc ambré sur une table claire
Photo : Tomas er / Regi51, licence CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Berlin a une réputation de ville de bière. Elle est à moitié fausse : on y boit du vin, beaucoup, et les bars à vin se sont multipliés depuis vingt ans. La production locale tient dans un jardin. Sur le versant nord du Kreuzberg, dans le Viktoriapark, quelques centaines de pieds de vigne survivent, dont un riesling issu de ceps offerts par Wiesbaden en 1968. La récolte donne un vin baptisé « Weinungsfreiheit », qui ne se vend pas, mais s’obtient contre un don à la pépinière Hofgrün, Methfesselstraße 10.

Le reste vient d’ailleurs : Moselle, Rheingau, Palatinat, Sicile, Autriche. Six adresses en donnent la mesure.

Un vignoble de quelques centaines de pieds pour treize régions viticoles

L’Allemagne compte treize régions viticoles. Le riesling occupe 23 % des surfaces plantées, le spätburgunder, son pinot noir, 11 % (chiffres du ministère fédéral de l’Agriculture pour 2025). La Moselle signe des blancs tendus, le Rheingau des blancs plus larges, le Palatinat des rieslings généreux. En Franconie, le silvaner arrive dans une bouteille ventrue, le Bocksbeutel.

Sur une carte, « Trocken » annonce un vin sec ; Kabinett et Spätlese parlent de la maturité du raisin. Les vins naturels ont pris leur élan à Mitte en 2014, avec l’ouverture du Maxim, depuis fermé. D’où un ton particulier : peu de cérémonie au service, des cartes qui changent vite.

À Mitte, une salle centenaire et un ancien bar à vin devenu restaurant trois étoiles

La Weingalerie und Café NÖ! occupe le 23 de la Glinkastraße, à deux rues de la Friedrichstraße. La salle a plus de cent ans, la carte en propose environ 170. Derrière, un Weingarten permet de boire dehors l’été. L’assiette mêle Allemagne du Sud et Méditerranée, et l’on y dîne vraiment. Ouvert du mardi au vendredi de 17 h à minuit ; fermé le week-end, et le lundi sauf en décembre.

Le Rutz, Chausseestraße 8, a commencé autrement : bar à vin ouvert en 2001 par Lars Rutz, Anja et Carsten Schmidt. C’est aujourd’hui le seul restaurant trois étoiles de Berlin. La maison a fêté ses vingt-cinq ans en 2026 et sert plusieurs menus, annoncés sur son site, dont un menu végétarien.

À Prenzlauer Berg, Sorsi e Morsi mise sur la Sicile et les assiettes d’antipasti

Marienburger Straße 10. Devanture sans apprêt : bois sombre, fauteuils dépareillés, banquettes de cuir noir, lumière basse. Johnny, le patron, choisit lui-même les bouteilles, presque toutes siciliennes ou venues des Pouilles, et les commente au comptoir. On commande des antipasti en plusieurs formats, à partager.

Le rythme est celui d’un bar de nuit : du mardi au jeudi jusqu’à 3 h, vendredi et samedi jusqu’à 6 h. Fermé dimanche et lundi ; arrivez tôt.

À Kreuzberg, un bar de cocktails où le vin compte aussi

La Gneisenaustraße traverse le quartier de Kreuzberg d’ouest en est ; au 58, à deux pas de la Südstern (U7), Die Legende von Paula und Ben tient depuis 2004. Petit, sombre, deux ou trois tableaux d’artistes du quartier aux murs.

La carte annonce des cocktails classiques, negroni, old fashioned, martini, et des créations maison. Le vin n’est pas là pour la forme : sélection courte et changeante, au verre ou en bouteille, et l’on demande ce qui est ouvert. Du mardi au samedi à partir de 18 h, fermé dimanche et lundi.

À Charlottenburg, Ottenthal importe l’Autriche depuis 1994

Kantstraße 153, entre Fasanenstraße et Uhlandstraße. Le nom vient d’Ottenthal, un village du Weinviertel, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Vienne. La maison appartient à Arthur Schneller. Restaurant et magasin de vins : on repart avec les bouteilles que l’on a aimées.

La cuisine est autrichienne, sans folklore : escalope viennoise, plats de saison. Du lundi au samedi, déjeuner de 12 h à 15 h et dîner de 16 h à 22 h 30 ; dimanche fermé. La carte et ses prix sont sur le site du restaurant, et la réservation est plus sûre en soirée.

À Schöneberg, WeinGut tient une petite salle et une carte allemande

Vorbergstraße 10A, près du Kaiser-Wilhelm-Platz. Salle minuscule, carte d’abord allemande : domaines VDP, rieslings du Palatinat, pinots noirs, quelques rouges espagnols. Les vins sont servis au verre et le conseil suit le plat ; la carte change souvent. Réservation indispensable, du mardi au samedi à partir de 18 h.

Comment commander : le verre, la Schorle, le Korkgeld

Cherchez la colonne « offene Weine », les vins ouverts au verre. Le prix suit la contenance, souvent 0,1 ou 0,15 litre. Chez Ottenthal, le verre autrichien s’appelle un Achterl : 12,5 cl.

La Weinschorle, vin blanc allongé d’eau gazeuse, se commande presque partout et se boit sans cérémonie. Le Korkgeld, ou droit de bouchon, permet d’acheter une bouteille au prix du magasin et de la boire sur place. À la Weinberg Weinhandlung (Winsstraße 64a), le supplément est de 15 euros par bouteille ; la maison sert aussi des vins de Berlin et du Brandebourg.

Le pourboire s’arrondit, 5 à 10 %. Certaines petites salles n’acceptent que les espèces, et l’on y fume encore.

Quatre adresses servent à dîner, deux se limitent au verre

NÖ pour un mélange germano-méditerranéen, Ottenthal pour l’Autriche, WeinGut pour une cuisine de marché, Rutz pour un menu gastronomique. Sorsi e Morsi couvre l’apéritif ; Die Legende ne fait pas de cuisine : on y boit avant ou après dîner.

Le dimanche, les six adresses sont fermées

Toutes ferment le dimanche, et quatre aussi le lundi. Le mardi soir est la première soirée sûre. Le Rutz n’ouvre que du lundi au vendredi. Réservez chez NÖ, Ottenthal et WeinGut ; ailleurs, arrivez avant 20 h.

Dans plusieurs de ces maisons, on fait goûter le vin avant de servir le verre.

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