Musée de l'espionnage de Berlin

La façade vitrée du Deutsches Spionagemuseum au Leipziger Platz, avec l'enseigne verte du musée et les bancs publics devant l'entrée
Photo : Lukas Beck, licence CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le Deutsches Spionagemuseum occupe le rez-de-chaussée d’un immeuble de bureaux du Leipziger Platz, à Berlin-Mitte, à deux pas de Potsdamer Platz. L’enseigne verte se repère depuis le trottoir, au-dessus des bancs publics de la même couleur. À l’intérieur, plus de 3 000 mètres carrés de vitrines, d’écrans tactiles et de dispositifs à manipuler racontent l’espionnage et les services de renseignement, de l’Antiquité à aujourd’hui.

Un musée privé ouvert en septembre 2015

Le musée a ouvert le 19 septembre 2015 sous le nom de Spy Museum Berlin, avant de prendre son nom allemand actuel. Il appartient à une société privée, la Deutsches Spionage Museum DSM GmbH, et son directeur est Robert Rückel. Le site officiel annonce plus de 400 000 visiteurs par an depuis l’ouverture, un classement parmi les dix premiers musées de la ville et 93 % d’avis favorables sur TripAdvisor. Le musée a aussi été nommé au prix du musée européen de l’année en 2020.

L’emplacement pèse sur le contenu. Le bâtiment est posé sur l’ancien no man’s land du Mur, à hauteur de Potsdamer Platz, et Berlin a été la capitale des espions pendant la guerre froide. Le musée a été conçu autour de cette période, ce qui explique la place donnée à la Stasi, au Teufelsberg et au Checkpoint Charlie dans l’exposition.

Le parcours part de l’Antiquité et s’achève sur le Big Data

La visite suit un ordre chronologique. Elle commence par les premières formes de collecte d’informations secrètes dans l’Antiquité, traverse la Première et la Seconde Guerre mondiale, puis s’attarde sur la guerre froide : les services de l’Est et de l’Ouest, les boîtes aux lettres mortes, les cachettes de caméras, les appareils d’écoute. La fin du parcours porte sur les services actuels, les données de masse et les réseaux sociaux, et sur les théories du complot accolées à l’espionnage.

La muséographie mise sur l’écran. Les vitrines transparentes intègrent des afficheurs à cristaux liquides qui donnent les explications, et la plupart des objets se regardent en 360 degrés sur des bornes tactiles. Le procédé évite les longues notices et laisse circuler les familles sans obliger à lire une vitrine entière.

Le musée expose plus de 300 objets, la plupart d’origine, complétés par des répliques fabriquées pour l’exposition. Le fonds réuni au fil des ans comprend deux machines Enigma de chiffrement, des appareils photo miniatures de la CIA et du KGB, des armes cachées, des radios d’agent et des accessoires de tournage des films James Bond.

Quatre stations se manipulent, dont un labyrinthe laser

Une partie de l’exposition se joue debout, les mains occupées. On peut déchiffrer un message codé, tenter de tromper un détecteur de mensonges, forcer un coffre de sécurité ou traverser un labyrinthe de faisceaux laser sans les couper. Le musée les présente comme le complément pratique des vitrines.

Le pont des espions résume la guerre froide berlinoise

Une salle est consacrée au pont de Glienicke, à l’ouest de Berlin, où les deux camps ont échangé des agents arrêtés pendant la guerre froide. Le sujet dépasse l’anecdote : il montre comment le renseignement se négocie, et combien la ville coupée en deux servait de théâtre et de monnaie d’échange aux services rivaux.

Billets à créneau de quinze minutes, de 6 à 18,50 euros

L’entrée n’est vendue qu’avec un billet à créneau horaire de quinze minutes. Le site officiel demande d’arriver à l’heure indiquée : un visiteur en retard n’entre pas. Une fois admis, on reste aussi longtemps qu’on veut, jusqu’à la fermeture à 20 heures. Le musée compte une heure et demie à deux heures de visite en moyenne.

Les prix varient selon l’horaire choisi. La billetterie fonctionne en tarification dynamique, avec des créneaux moins demandés vendus moins cher : de 6 à 13,50 euros en tarif réduit, de 8 à 18,50 euros en plein tarif. Réserver en ligne revient moins cher qu’acheter au guichet, et les billets au guichet dépendent des places restantes.

Le tarif réduit s’applique aux 6-18 ans, aux élèves, étudiants, apprentis, aux personnes lourdement handicapées, aux volontaires du service civique allemand et aux allocataires du Bürgergeld, sur présentation d’un justificatif à l’entrée. Le Berliner Familienpass et le SuperFerienPass donnent droit à deux billets spécifiques, un pour l’adulte et un pour l’enfant. Chaque visiteur doit avoir son billet, y compris les jeunes enfants.

Horaires et accès depuis Potsdamer Platz

Le musée ouvre tous les jours de 10 à 20 heures, y compris les jours fériés, et ne ferme aucun jour de l’année. L’adresse est Leipziger Platz 9, 10117 Berlin-Mitte, téléphone +49 30 3982004. La station Potsdamer Platz, desservie par le S-Bahn, le U-Bahn et les bus, se trouve juste à côté ; il faut sortir par la sortie Leipziger Platz. Trois parkings publics sont signalés à proximité, ceux de la Mall of Berlin, de Potsdamer Platz et du Sony Center.

Comptez deux heures sur place si vous voulez tester les stations interactives sans courir. Le musée se visite toute l’année, mais les créneaux du week-end et des vacances scolaires partent vite : réserver une semaine à l’avance reste la façon la plus simple de choisir son heure et de payer le tarif bas.

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