Deutsches Technikmuseum : trains, avions, Z1
Le Deutsches Technikmuseum occupe une partie de l’ancienne gare de marchandises d’Anhalter, à Kreuzberg, entre la Trebbiner Straße et le Landwehrkanal. On y entre par un bâtiment de brique de 1908 et l’on ressort deux heures plus tard, ou cinq. Musée et Spectrum réunis reçoivent plus de 700 000 visiteurs par an, selon le site de la fondation.
Un musée bâti sur le site de la gare de marchandises d’Anhalter
Les halles aux locomotives datent de 1874 et sont classées. Elles appartenaient au dépôt de l’Anhalter Bahnhof, la plus grande gare en cul-de-sac de Berlin avant la guerre, et Franz Schwechten, auteur de l’église du Souvenir, en a dessiné les plans. Le portail des princes, qui menait à la salle d’attente des « hautes et très hautes personnes », ouvre désormais sur l’exposition ferroviaire. Les hangars voisins accueillent « Mensch in Fahrt » sur la route et « Das Netz » sur les réseaux. Le bâtiment de 2001, signé Ulrich Wolff et Helge Pitz, ajoute 12 000 mètres carrés pour la navigation, l’aviation et le musée du Sucre.
Quarante locomotives d’origine dans deux halles de 1874
L’exposition ferroviaire, refaite en 2024, occupe 6 000 mètres carrés et aligne 40 véhicules d’origine. Le plus ancien est un wagon de voyageurs ouvert de 1843, l’un des rares conservés des débuts du chemin de fer. Un tramway hippomobile à impériale de 1865 est le plus ancien tramway conservé. La S 10 prussienne de 1911 est ouverte sur un côté, chaudière et cabine tranchées, pour montrer le mécanisme. L’E 19 électrique profilée de 1938, donnée pour 180 km/h, porte encore l’aigle et la croix gammée de sa livrée, rappel de l’usage que le régime nazi fit des records techniques. Un wagon de marchandises rappelle le rôle de la Reichsbahn dans la déportation des Juifs d’Europe, avec douze destins berlinois. S’y ajoutent des modèles au 1/5 de 1900.
Avions, ballons et le C-47 accroché à la façade
« Vom Ballon zur Luftbrücke » réunit plus de 40 avions et grands objets. Le parcours part d’un ballon à nacelle inspiré d’une caricature de 1790, puis suit les planeurs d’Otto Lilienthal, dont un appareil suspendu dans la cage d’escalier. La Jeannin Stahltaube de 1914 est le plus ancien avion complet de la collection. Plus loin, une Ju 52 des années 1930, l’épave d’un bombardier en piqué Ju 87 remontée en Russie en 1994 et une Ju 88 dont l’intérieur est ouvert. La partie spatiale est encore en montage. Le Douglas C-47 « Rosinenbomber », suspendu au-dessus de la terrasse côté canal, est devenu l’image du musée.
La Z1 de Konrad Zuse, reconstruite en 1989
Le premier ordinateur n’a pas été assemblé dans un garage californien mais dans un appartement de Kreuzberg. Konrad Zuse, ingénieur de 25 ans, commence la Z1 en 1935, occupe le salon de ses parents et quitte son emploi. La machine de 1938 compte environ 30 000 pièces et travaille en binaire, avec des tiges métalliques qui coulissent en position 0 ou 1. Détruite pendant la guerre, elle a été reconstruite par Zuse en 1989 pour le musée. La Z3 de 1941 est présentée dans une réplique de son fils Horst Zuse. Une partie de l’exposition est fermée depuis le 26 octobre pour rénovation, mais la Z1 et la Z3 restent visibles.
Cent cinquante expériences à toucher au Science Center Spectrum
Le Spectrum occupe l’aile est de l’ancien bâtiment de marchandises, côté Möckernstraße. Ses 150 stations se manipulent, et le musée précise que toucher est souhaité. Neuf thèmes organisent les salles, de la lumière et de la perception au microcosme, de l’électricité à la mécanique, du son à l’énergie. Les sacs à dos n’entrent pas, par sécurité, et les moins de 10 ans restent accompagnés.
Un parc de douze hectares, des moulins en marche et une brasserie fermée
Derrière les halles s’étend un parc de 12 hectares, avec un étang, une forge et sa roue à eau, et des moulins à vent en état de marche. La brasserie historique s’y trouve, mais son accès est fermé pour travaux jusqu’à nouvel ordre, comme celui des salles de photographie, de cinéma, de chimie et de pharmacie. Le parc ferme à 16 h en hiver, du 3 novembre 2026 au 28 mars 2027.
Visiter le Deutsches Technikmuseum avec des enfants
L’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans, avec un billet à 0 euro. Le même billet vaut pour le musée et le Spectrum le jour réservé. Les ateliers du Kids Digilab initient les enfants au numérique. Des démonstrations ont lieu chaque jour : machines à vapeur, forge, atelier. Le pique-nique est autorisé dans le parc, où un café sert à manger près de l’étang dès 11 h ; le bistro Tor 25, côté Ladestraße, ouvre du mardi au dimanche de 10 h à 17 h.
Horaires, tarifs et accès au Deutsches Technikmuseum
Le musée ferme le lundi. Du mardi au vendredi, il ouvre de 9 h à 17 h 30 ; le samedi, le dimanche et les jours fériés, de 10 h à 18 h, avec une dernière entrée à 17 h. Il est fermé le 1er mai, les 24, 25 et 31 décembre, et ouvre à 13 h le 1er janvier.
Un billet adulte coûte 15 € en ligne et 17 € sur place, frais de service compris. Le tarif réduit, pour les étudiants, apprentis, chômeurs et personnes handicapées à partir de 50 %, passe de 9 € à 11 €. Les groupes de cinq au tarif réduit paient 6 € par personne. La carte annuelle coûte 55 €. L’entrée est libre le premier vendredi du mois dès 13 h, et le Museumspass Berlin est accepté.
L’entrée principale est au 9 Trebbiner Straße, 10963 Berlin, celle du Spectrum et de la Ladestraße au 26 Möckernstraße. Le métro dessert Möckernbrücke (U1, U3, U7) et Gleisdreieck (U1, U2, U3), le S-Bahn dessert Anhalter Bahnhof (S1, S2, S25, S26). Le parking sur place coûte 3 € par heure entamée. Les horaires et les tarifs changent : à vérifier sur le site du musée avant de partir.
Combien de temps prévoir pour la visite
Comptez une demi-journée pour le musée seul, la journée entière avec le Spectrum et le parc. Le billet commun pousse à sortir déjeuner puis à revenir, et le musée est de l’autre côté du Landwehrkanal. Qui hésite entre les deux programmes trouvera sur l’île aux Musées l’archéologie et la peinture réunies sur un îlot, alors que le Deutsches Technikmuseum demande une demi-journée de plus et se parcourt à pied, halle après halle.
En images
Photos