Stade olympique de Berlin : histoire, visite et Olympiapark
Le stade olympique de Berlin (Olympiastadion) occupe le quartier de Westend, à l’ouest de la ville, dans un ensemble sportif de 132 hectares classé monument historique. Construit pour les Jeux de 1936, il accueille les matchs du Hertha BSC, la finale de la Coupe d’Allemagne et de grands concerts.
Deux stades sur le même terrain : 1916, puis 1936
Les Jeux olympiques de 1916 avaient été attribués à Berlin en 1912 ; le Deutsches Stadion, monté en 200 jours dans l’hippodrome de Grunewald sur les plans d’Otto March, a été inauguré le 8 juin 1913. La Première Guerre mondiale empêcha la compétition.
Les Jeux de 1936 sont attribués à Berlin en 1931. En octobre 1933, Adolf Hitler ordonne un stade neuf au même endroit, à des fins de propagande. Les travaux durent 28 mois sous la direction de Werner March, et le stade ouvre le 1er août 1936 devant 100 000 spectateurs. Le régime nazi en fait une vitrine, au centre d’un ensemble monumental, le Reichssportfeld, pensé pour les défilés autant que pour le sport.
Une architecture de pierre, aujourd’hui classée
Le stade suit un plan ovale de 303 mètres sur 228 : seule la couronne supérieure émerge du sol, portée par des piliers de béton armé, et les façades sont habillées de calcaire coquillier de Franconie. À l’est, deux tours de 35 mètres encadrent le portique olympique ; à l’ouest, la porte du Marathon ouvre la perspective sur le Maifeld.
Avec ses terrasses, le stade nautique, le stade de hockey et le stade équestre, il figure à l’inventaire des monuments de Berlin, qui y voit l’une des plus importantes installations sportives monumentales d’Europe du XXe siècle.
La piste bleue et la rénovation de 2000-2004
Partiellement couvert pour la Coupe du monde de 1974, le stade a été refait entre 2000 et 2004 par l’agence Gerkan, Marg und Partner, pour 242 millions d’euros : pelouse abaissée, toit continu sur toutes les tribunes, 70 % du bâti historique conservé.
La piste bleue date de ces travaux, posée à la demande et aux frais du Hertha BSC, aux couleurs du club, un choix critiqué par les services du patrimoine. Usain Bolt y a établi ses records du monde du 100 et du 200 mètres (9,58 s et 19,19 s) lors des Championnats du monde d’athlétisme de 2009.
Le stade compte 73 856 places assises, contre 74 475 après 2004 ; la tribune montée au-dessus de la porte du Marathon pour la finale de la DFB-Pokal porte la capacité à près de 76 000 places.
Ce qui s’y joue aujourd’hui
Le Hertha BSC y joue depuis 1963 et évolue en deuxième division depuis sa relégation en 2023. La finale de la Coupe d’Allemagne s’y tient chaque année depuis 1985, un contrat qui court jusqu’en 2030 ; celle de 2026, le 23 mai, a été remportée 3 à 0 par le Bayern Munich devant 74 036 spectateurs. Le stade accueille aussi le meeting ISTAF depuis 1937, la finale de la Coupe du monde 2006, celle de la Ligue des champions 2015, l’Euro 2024 et sa finale, l’ouverture des Special Olympics 2023 et, depuis 2025, des matchs de NFL.
Côté concerts, Michael Jackson (1997), Madonna (2008), puis les Rolling Stones, U2, AC/DC ou Rammstein. Le 30 mai 2026, Metallica a rempli le stade avec plus de 94 000 spectateurs, le plus grand concert jamais donné dans un stade allemand, au-delà des quelque 90 000 personnes de U2 en 2009.
L’Olympiapark autour du stade
Le stade appartient à l’Olympiapark. À l’ouest s’étend le Maifeld, une pelouse de 112 000 mètres carrés créée pour les grands rassemblements et capable d’accueillir 250 000 personnes. Sa tribune ouest abrite la Langemarckhalle, salle de mémoire consacrée aux combats de 1914, où une exposition sur l’histoire du site est présentée depuis 2006.
Au-dessus se dresse la tour de la cloche (Glockenturm), haute de 77,17 mètres, incendiée à la fin de la guerre, dynamitée en 1947 et reconstruite en 1962. Elle se visite d’avril à octobre, avec un ascenseur jusqu’à la plateforme panoramique (environ 6 euros, 3 euros en tarif réduit) ; par temps clair, la vue porte jusqu’aux environs de Potsdam, où se trouve le palais de Sanssouci.
Non loin, la Waldbühne, amphithéâtre de 22 290 places ouvert en août 1936, accueille chaque été le concert en plein air de l’Orchestre philharmonique de Berlin. Pour d’autres espaces verts, voir notre sélection des plus beaux parcs de Berlin.
Visiter le stade : horaires, tarifs et visites guidées
La visite libre coûte 11 euros (8 euros en tarif réduit, 6 euros pour les 6-14 ans, 27 euros la carte famille). Les horaires varient selon la saison, en général de 9 h à 19 h ; le centre des visiteurs ferme les jours de match du Hertha et lors des grandes manifestations, dernière entrée 30 minutes avant la fermeture. Billets sur place, Olympischer Platz 3, 14053 Berlin, ou en ligne.
La Highlight-Tour dure 60 minutes, coûte 17 euros (14 euros en tarif réduit, 11 euros pour les enfants) et ouvre les vestiaires, les salons VIP et la salle d’échauffement souterraine ; la Premium-Tour dure 120 minutes, à 19 euros, et inclut l’Olympiapark. La réservation en ligne est recommandée, les groupes étant limités. Les personnes en fauteuil roulant doivent s’annoncer à l’avance (tour@olympiastadion.berlin ou +49 30 306 88 888).
Comment s’y rendre
La ligne U2 du métro s’arrête à Olympia-Stadion, à environ 500 mètres de l’entrée est ; le S-Bahn (lignes S3 et S9) à Olympiastadion, à 300 mètres de l’entrée sud par la Flatowallee. Les bus 218, M49 et X34 desservent l’arrêt Flatowallee/Olympiastadion, et des trains supplémentaires circulent les jours d’événement. Le quartier de Westend, calme et résidentiel, borde la forêt de Grunewald ; à l’est, dans le même arrondissement, le château de Charlottenburg complète la journée.
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