Le Museum für Naturkunde de Berlin
Le Museum für Naturkunde occupe un imposant bâtiment de grès clair au 43 Invalidenstrasse, dans le quartier de Mitte. C’est le musée d’histoire naturelle de Berlin, et il abrite l’une des collections scientifiques les plus importantes d’Europe. On y vient d’abord pour un squelette de dinosaure qui domine la grande salle centrale, et on repart souvent avec beaucoup plus que prévu.
La salle des dinosaures et le squelette de Giraffatitan brancai
Au centre du musée, la salle des dinosaures déploie ses fossiles sous une verrière du 19e siècle. La vedette s’appelle Giraffatitan brancai. Son crâne culmine à 23 mètres du sol, ce qui en fait le plus grand squelette de dinosaure monté au monde, un record inscrit au Guinness World Records. L’animal vivait il y a environ 150 millions d’années, au Jurassique supérieur, dans une région qui correspond aujourd’hui à la Tanzanie.
Ces ossements ne sont pas tombés du ciel : ils proviennent de l’expédition du Tendaguru, menée entre 1909 et 1913 dans l’actuelle Tanzanie, pendant la colonisation allemande de l’Afrique de l’Est. Le musée ne cache plus ce contexte. Un « carton Tendaguru », posé dans la salle, retrace l’histoire coloniale de ces fouilles, et la queue de 2,5 tonnes du Giraffatitan, autrefois couchée au sol, a été remontée en l’air après de nouvelles recherches sur sa mobilité. Autour du géant, on croise d’autres herbivores de la même période, comme le Kentrosaurus et le Diplodocus.
Une collection de 30 millions d’objets, la plus grande d’Allemagne
Le Museum für Naturkunde conserve plus de 30 millions d’objets. Sa collection est la plus grande d’Allemagne dans le domaine de l’histoire naturelle, et elle documente 4,5 milliards d’années d’histoire de la Terre et de la vie. Il faut dire que le public n’en voit qu’une petite partie : environ 10 000 spécimens originaux seulement sont exposés dans les salles permanentes. Le reste dort en réserve, à la disposition des chercheurs.
Les autres salles : météorites, minéraux, oiseaux et insectes
La salle des minéraux vaut à elle seule le détour. La collection remonte à 1781, quand le roi Frédéric II fonde le Cabinet royal des minéraux. Elle compte aujourd’hui près de 280 000 objets et couvre environ 65 % de tous les minéraux connus dans le monde. Alexander von Humboldt en personne en a rapporté plus de 1 100 spécimens de ses voyages. La salle historique, classée, n’a presque pas bougé depuis l’ouverture du musée en 1889, ce qui en fait une pièce de musée à part entière.
À deux pas, la salle consacrée au cosmos et au système solaire présente la plus grande collection de météorites d’Allemagne. On peut y toucher une météorite de fer de 215 kilos venue de Gibeon, en Namibie. Depuis janvier 2024, les fragments de la météorite de Ribbeck, tombée dans le Brandebourg, ont rejoint la salle des minéraux.
Le reste du parcours parle d’évolution et de biodiversité, avec une salle dédiée à la diversité des espèces. Les oiseaux naturalisés et les animaux empaillés ont leur propre espace, où l’on reconnaît Knut, l’ours polaire devenu célèbre à Berlin, ou des perroquets aux couleurs vives. Les insectes, souvent négligés, sont eux aussi représentés dans les vitrines.
L’Archaeopteryx de Berlin, oiseau fossile le mieux conservé au monde
Dans la salle des dinosaures, une pièce minuscule côtoie les géants : un Archaeopteryx lithographica, un oiseau primitif du Jurassique. Le spécimen de Berlin est généralement considéré comme le mieux conservé au monde. Ses plumes sont encore imprimées dans la pierre, à côté des dents et des griffes qui rappellent son origine dinosaurienne. C’est l’une des pièces les plus précieuses du musée, et l’une des plus discrètes : beaucoup de visiteurs passent devant sans la voir.
Un bâtiment ouvert en 1889 pour les collections de l’université Humboldt
Le bâtiment actuel a ouvert en 1889, après des années de travaux, et il abrite depuis lors un ensemble issu de la Kunstkammer de Berlin et des premières collections d’histoire naturelle de l’université. Le musée reste associé à cette tradition universitaire berlinoise, celle de la Humboldt-Universität. Le bâtiment, classé, connaît aujourd’hui une vaste rénovation. En 2025, il a accueilli 737 918 visiteurs, ce qui en fait l’un des musées les plus fréquentés de la capitale. Côté institution, le Museum für Naturkunde fait partie de la Leibniz Association.
Horaires, tarifs et accès au Museum für Naturkunde
Le musée est ouvert tous les jours jusqu’à 18 h, et fermé le lundi. La dernière entrée se fait 30 minutes avant la fermeture.
Les tarifs affichés en 2026 sont les suivants : 11 € pour un adulte, 5 € pour un enfant de 6 ans et plus, 5 € au tarif réduit. Une famille composée de deux adultes et jusqu’à trois enfants de moins de 14 ans paie 18 €, et une petite famille avec un adulte et jusqu’à deux enfants paie 12 €. Les moins de 6 ans entrent gratuitement.
Pour y aller, le plus simple est le métro : la ligne U6 dessert la station Naturkundemuseum, à 300 mètres à pied, avec aussi les tramways M5, M8, M10 et M12 et le bus 245. Attention, le musée ne dispose d’aucun parking, et les places du quartier sont rares. Les horaires et les tarifs peuvent évoluer : il vaut mieux vérifier les valeurs du jour sur le site officiel, le Museum für Naturkunde, avant de partir.
Une valeur sûre par tous les temps, et taillée pour les familles
C’est l’un des grands avantages du Museum für Naturkunde : il fonctionne quelle que soit la météo. Quand la pluie ou le froid s’installent sur Berlin, la salle des dinosaures offre un abri spectaculaire et sec, et l’on peut y passer deux heures sans regarder par la fenêtre. Pour situer la meilleure période selon la saison, notre guide sur Berlin en toute saison aide à choisir son créneau.
Le musée se prête bien à une sortie en famille. Les tarifs famille sont avantageux, les poussettes sont autorisées dans l’exposition, et un guide audio gratuit en 11 langues existe, avec une version pour les enfants. Une aire de pique-nique permet de manger sans supplément, et le café du musée sert soupes, paninis et gâteaux du mardi au dimanche. Les enfants repartent en général avec un nom de dinosaure bien ancré dans la tête, ce qui n’est pas le moindre des souvenirs.
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