Où boire une bière à Berlin : Kneipen, bars cachés et brasseries
Boire une bière à Berlin ne demande ni club sélect ni longue file d’attente : la ville se boit au comptoir d’une Kneipe de quartier comme en terrasse au bord de la Spree, et la pinte y coûte moins cher que dans la plupart des capitales européennes. Encore faut-il savoir où s’asseoir. Entre le Pils qui coule à la pression, la Berliner Weisse aigrelette et les microbrasseries apparues ces quinze dernières années, voici comment les Berlinois boivent, et où.
Pils, Berliner Weisse et le renouveau artisanal
Deux familles de bière dominent Berlin. La plus bue reste le Pils, blonde de fermentation basse que les bars tirent à la pression, souvent la locale Berliner Pilsner. L’autre est la Berliner Weisse, une spécialité née dans la ville : une bière de blé légère, trouble et franchement acide, autour de 3 % d’alcool, servie dans un grand verre en forme de bol avec un sirop de framboise (Himbeer) ou d’aspérule (Waldmeister) pour en adoucir la piqûre. Au XIXe siècle, c’était la boisson la plus populaire de Berlin, produite par des centaines de brasseries locales. Elle a failli disparaître après 1945, réduite à un ou deux producteurs historiques dont Berliner Kindl, fondée en 1872 dans ce qui s’appelait encore Rixdorf, aujourd’hui Neukölln. Depuis les années 2010, elle est revenue dans le répertoire des brasseurs artisanaux.
Le symbole de ce renouveau se visite à Kreuzberg : le BRLO Brwhouse a installé sa brasserie dans des conteneurs maritimes empilés le long du Park am Gleisdreieck, avec une vaste terrasse-jardin. Helles, Pale Ale, IPA et Berliner Weisse maison y sont brassés sur place et se goûtent face aux cuves.
Kneipen : la bière à l’ancienne
La Kneipe est le bar de quartier berlinois : une petite salle, un comptoir en bois, des banquettes usées et le Pils servi sans chichis depuis des décennies. On y passe une heure en lisant le journal, on y finit la nuit, on y discute avec le patron qui ressort une bière sans qu’on ait besoin de commander. Certaines de ces adresses n’ont jamais changé de déco, quelques-unes n’acceptent que le liquide et d’autres tolèrent encore la cigarette à l’intérieur : gardez des billets et des vêtements qui supportent la fumée.
La plus ancienne du genre, Zur Letzten Instanz, sert à boire et à manger depuis 1621 dans le Mitte historique, à deux pas de la station Klosterstraße, adossée à un vestige du mur d’enceinte médiéval. Napoléon y aurait dîné devant le grand poêle en faïence, et l’on y commande toujours un Pils dans une salle aux poutres anciennes. Pour le reste, aucune adresse ne vaut la peine d’être suivie : chaque quartier a sa Kneipe, et la meilleure méthode reste de pousser la porte la mieux éclairée.
Les bars cachés de Kreuzberg
Autour de Kottbusser Tor, la Skalitzer Straße dissimule dans ses immeubles des années 1970 un chapelet de bars sans enseigne. Le plus minuscule, le Paloma, tient dans une pièce au premier étage, au-dessus d’un supermarché : on repère un escalier de béton discret, on monte, et l’on tombe dans un salon de la taille d’un studio où un DJ passe de l’électro indé du jeudi au samedi, jusqu’au petit matin. Certains clients y commencent la soirée, d’autres y échouent à l’aube pour une dernière bière.
À quelques numéros, le Monarch joue dans la cour des grands : une vaste salle aux étages, avec une baie vitrée panoramique sur le carrefour et le métro aérien de Kottbusser Tor. Les concerts live y côtoient les soirées électro et disco, les prix restent doux et la vue sur le va-et-vient du quartier vaut le détour. Le secteur se découvre dans notre guide de Kreuzberg.
Plus à l’est, côté Schlesisches Tor, Madame Claude renverse la perspective : chaises, tables et lampes vissées au plafond d’une ancienne maison close devenue bar à concerts. La bière y reste sous les 4 € et les groupes jouent en sous-sol, souvent contre une simple participation libre.
En terrasse, au bord de la Spree
Dès les beaux jours, Berlin boit dehors. Dans le Monbijoupark, la Strandbar Mitte étend son sable sur la rive de la Spree, face au Bode Museum : on s’installe dans un transat, une pression à la main, et l’on regarde passer les bateaux pendant que des bals en plein air occupent la piste certains soirs. Ouverte de la fin du printemps à septembre, cette plage urbaine née en 2002 passe pour la première du genre en Allemagne. Le reste de la sélection, des terrasses du canal aux grands jardins à bière sous les marronniers, se trouve dans notre guide des biergarten de Berlin.
Conseils pratiques
- Combien ça coûte ? Une bière de 50 cl se paie en moyenne 4 € dans un bar berlinois. Comptez plutôt 3 à 3,50 € dans une Kneipe de quartier, 5 € et plus dans les adresses touristiques ou les rooftops.
- Le pourboire : le service est compris dans le prix. Les Berlinois arrondissent l’addition à l’euro supérieur ou laissent 5 à 10 % après une longue soirée, mais personne ne vous le réclamera.
- Espèces et horaires : beaucoup de petits bars et de Kneipen n’acceptent que le liquide. Les horaires varient du tout au tout, certains bars n’ouvrant qu’en soirée à partir de 20 h quand d’autres servent dès l’après-midi : vérifiez avant de traverser la ville. Le premier verre se trinque d’un « Prost ! ».
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