À Berlin, la Linke ouvre les discussions exploratoires avec les Verts et le SPD
La Linke, arrivée en tête de l’élection du 20 septembre avec 25,7 % des suffrages, ouvre cette semaine des discussions exploratoires avec les Verts et le SPD. Son congrès l’a décidé vendredi 25 septembre à une large majorité, et les deux partenaires pressentis ont accepté l’invitation : les Verts dès le lendemain du congrès, le SPD samedi soir, par un vote unanime de son comité directeur départemental.
Ces échanges ne sont pas encore des négociations de coalition. Il s’agit de vérifier, en petit comité, si les trois partis peuvent gouverner ensemble et sur quelles priorités. La Linke doit d’abord recevoir séparément les Verts et le SPD, avant une séance commune. Aucune date n’a été annoncée, et le calendrier reste ouvert.
Les rapports de force sont nets. Sur 158 sièges au parlement régional, la Linke en détient 47, la CDU 34, l’AfD 29, les Verts 26 et le SPD 22. La majorité absolue se situe à 80 sièges. Une coalition Linke, Verts et SPD en réunirait 95, contre 82 pour une alliance CDU, Verts et SPD. La CDU a exclu de gouverner avec la Linke, et aucun parti ne souhaite s’allier à l’AfD.
Ce que cela change à Berlin
Le premier point de friction est le logement. La Linke veut reprendre à la puissance publique, contre indemnisation, des appartements appartenant à de grands groupes immobiliers, en s’appuyant sur le référendum de 2021. Le SPD affiche ses réserves sur ce sujet, qui pourrait peser sur toute la négociation. Elif Eralp, juriste de 45 ans, deviendrait la première femme de son parti à diriger le gouvernement de la ville. Les Verts, de leur côté, ont posé des conditions préalables et prévoient de faire valider l’entrée en négociations par un congrès.
Pour les Berlinois comme pour les visiteurs, rien ne bouge avant la signature d’un contrat de coalition. Le Sénat sortant expédie les affaires courantes et l’administration continue de fonctionner au quotidien.